Au matin du 12 avril 2009 le site du stade Gaston Petit à Châteauroux est très animé. Près de 600 jeunes duathlètes sont rassemblés pour 6 compétitions qui s’enchaîneront toute la journée. Les courses à pied ont lieu presque totalement dans l’enceinte du complexe sportif, le vélo emprunte des voies urbaines avec de nombreuses relances pour un circuit de 4 km à parcourir plusieurs fois, nombres déterminés selon les catégories. Une épreuve construite façon formule Grand Prix, le spectateur en a « pour son argent » (surtout qu’en triathlon il ne paye pas d’entrée).
Pour les minimes filles, premières à s’élancer, le temps est menaçant, la pluie annoncée ne viendra heureusement pas perturber la fête qui s’achèvera avec les juniors vers 17h30 sous un léger soleil.
Sur les championnats de France Jeunes le drafting ( l’abri à vélo) est autorisé. Nous pouvons constater que tous les concurrents n’ont pas la même maîtrise technique du vélo et certains en feront les frais en se frottant au revêtement rugueux de la chaussée. Rouler en peloton comporte une part de risques, surtout si on n’a pas travaillé le placement dans la roue, les virages, les relances, le passage d’obstacles.. Pas de chute à TG TRI 10, pas de chute de la ligue.
Le territoire français est découpé en 26 ligues régionales chacune dispose d’un quota de qualifiés calculé par la F.F.TRI. en fonction du nombre de licenciés par catégories. Les jeunes présents ont tous gagné leur sélection sur une épreuve régionale, ils sont tous remplis d’espoirs (et à voir l’anxiété des parents et des accompagnateurs, ils ne sont pas les seuls).
Petit exercice de calcul : 26 ligues, 26 podiums par catégorie soit 78 jeunes par catégories, ils sont 468 au total à avoir gravi les marches régionales, aujourd’hui ils ne seront que 3 par catégorie, 18 au total. Au moins 450 déceptions ! C’est la dure loi du niveau national. : être en pic de forme au bon moment, avoir un matériel fiable, ne pas subir une l’agression d’un virus ou d’un coup de froid, ne pas faire d’erreur tactique ou technique, rester lucide, respecter toutes les règles, avoir un mental solide, bénéficier d’un héritage génétique favorable.. Un cocktail qui fera la différence. Pour beaucoup, il faudra accepter, relativiser, resituer le résultat. Pour tous, vainqueurs, accessits ou pas, il faudra analyser la course pour construire demain un objectif ambitieux et raisonnable en conservant l’ingrédient principal : le plaisir du sport.
Un premier rattrapage viendra le 23 mai avec les championnats de France de triathlon.
Zoé Hérard en minimes filles termine 61ème, elle pense que son point faible c’est la course à pied. Aujourd’hui elle a montré une bonne progression et donne la première satisfaction de la journée à son coach. TG tri 10 n’a pas de qualifié en minimes garçons (ce sera pour l’an prochain). La satisfaction pour le coach (également Conseiller Technique de Ligue) viendra d’Emile Blondel de Chaumont avec sa seconde place l’an dernier, il entre dans les favoris et une grosse pression sur les épaules. Après un début de course intelligemment mené, il s’envole dans la 2ème course à pied pour décrocher le premier titre national que la ligue obtient de son histoire chez les jeunes. Vous pourrez l’admirer le 8 mai à Troyes sur le super sprint.
Nous savons depuis 2 ans que le niveau de la ligue Champagne Ardenne se situe aussi au niveau national chez les cadettes. Les qualifiés de la ligue sont toutes en première année de la catégorie, comment vont-elles se comporter ? Après la première course à pied nous sommes rassurés, Alexia Bailly (Chaumont) est dans le premier groupe de 5, Lola Blondel est dans le petit groupe de chasse, Marion Klein et Laurianne Neumann TG TRI 10 sont dans le groupe suivant. Toutes les filles sont dans le premier tiers, pourtant Laurianne sort de blessure depuis fin mars. Elles finiront dans cet ordre 2ème, 7ème, 24ème et 27ème. Alexia monte pour la 2ème année consécutive sur la 3ème marche du podium. Avec Emile voici 2 podiums pour Chaumont en 3 courses. Dans les catégories suivantes la ligue sera plus modeste, le coach de TG s’interroge : comment vont se situer Sophie Lacroix et Alexis Margot dans les catégories juniors, les meilleurs courent déjà en international, leur niveau est très élevé. Sophie a donné une priorité à ses études l’an dernier, elle a été blessée une partie de l’hiver, tous les deux n’ont repris l’entraînement que depuis quelques semaines. Dans ces conditions se placer dans la première moitié serait déjà bien. Ils feront beaucoup mieux Sophie accroche une 16ème place malgré des crampes, Alexis au terme d’une seconde course à pied au niveau des meilleurs décroche une belle 30ème place. Quel potentiel en réserve ils possèdent tous les deux !
157 clubs ont réussi à qualifier des jeunes pour ces championnats de France de duathlon. Au classement des clubs Chaumont termine 10ème, TG TRI 10 26ème, Poissons 51ème, Charleville 70ème, Nogent 89ème, Vitry le François 148ème.
Comment un coach ne serait-il pas satisfait après une telle journée ? L’entraînement de l’hiver a payé. Plus que les places honorables, ce sont les progrès notables qu’il convient de retenir. Le duathlon (le triathlon) sont des sports d’endurance où la pleine performance est atteinte à l’âge adulte. L’entraînement des jeunes à TG s’inscrit dans la durée. Maintenons le cap et remercions, pour le travail fait, les membres de l’équipe d’encadrement, diplômés FFTRI et malgré tout bénévoles (ce qui est assez rare voire unique à ce niveau de performance et de label).
Pour l’immédiat, il faudra décrocher une sélection pour les championnats de France de triathlon. Actuellement Zoé en minimes, Marion en cadettes et Sophie en juniores sont les meilleures nageuses de la ligue. Alors on y croit fort pour elles, mais on espère aussi pour Laurianne, Fiona, Marianne, Antoine, Jordan...et autre surprise. Alexis ne souhaite pas tenter sa chance en triathlon, dommage.